Nous passons 12 jours en Jordanie. Autant le dire tout de suite, a part le passage de la frontière un peu "longuet", ce pays nous enchante et nous donne envie d'y revenir plus longuement. La Mer Morte est incontournable. Nous ne resistons pas à l'envie d'y plonger. Point de plongeons dans cette eau où il est impossible de nager correctement, les jambes remontent telles des bouchons. C'est vrai que l'on pourrait y lire le journal facilement.
Pour les cyclo-voyageurs que nous sommes, des choses beaucoup moins drôles. La chaleur étouffante est difficile à supporter à moins 400 m, surtout par 1 053 hecto-pascal (les connaisseurs apprécieront).
La nuit, le mercure ne descend pas en dessous de 30 °. Le pire, ce sont les "milliards" de mouches qui ne nous laissent aucun répit du lever au coucher du soleil. Tout au long des 60 km longeant la Mer Morte, nulle village à l'horizon. Qu'à cela ne tienne, nous étalons nos matelas au bord du goudron, près de la petite boutique de Mohammed, qui est située en face d'une des seules plages accessibles au public. Un torrent d'eau douce (chaude, au moins 35°) s'y jette en cascade très appréciée pour le dessalage malgré sa forte teneur en soufre. Peu de sommeil cette nuit là, comme c'est le Ramadan, toute la nuit les Jordaniens stoppent leur voiture près de nous pour se baigner au clair de lune.
Qu'ils en profitent, car ce pauvre Jourdain alimentant la Mer Morte, fait ce qu'il peut, mais ne suffit plus à combler l'évaporation, tant les Israëliens et les Jordaniens pompent son eau pour irriguer. les spécialistes prédisent l'asséchement de la Mer Morte avant la fin du siècle. Au bord de la route ce n'est pas de la geléee blanche, mais, ici aussi le sel sort de partout.
Notre deuxième nuit à moins 320 mètres est plus calme. Nimer, un Palestinien quincailler-réparateur de vélo, nous offre vivre et couvert. Non, non, pas la peine d'attacher vos vélos ou de les rentrer dans mon atelier, j'y dors la devanture grande ouverte. Nous lui faisons confiance, et nous dormons sur sa terrasse sans attacher les VTT. Lorsque nous repartons le lendemain matin à 7 heures, notre homme dort à poings fermés, et nous reprenons nos chères montures à 2 mètres de lui sans troubler son sommeil. C'est encore une chose étonnante dans ce pays, dans les villages, les marchandises restent dehors nuit et jour sans gardien et sans problême.
Pour rejoindre la route dAmman à Petra, une rude partie de manivelles nous attend. Nous devons remonter à 1 000 mètres au dessus du niveau de la mer(pas la Morte, la nôtre). Ca commence fort, trop fort. Les cyclistes apprécieront, les 3 premiers kilomètres 9% de moyenne. Nous dégoulinons de sueur, les mouches nous assaillent de partout. Après une première pose à +200 m, un "raidar" oblige Michelle à mettre pied à terre. Notre premier "bon samaritain" s'arrète avec son 4X4, merci à lui et à l'inventeur des 4X4 plateau.
Nous rallions Tafila de la sorte, la ville étape prévue le matin, où Michelle explique aux bédouins admiratifs notre parcours.
Petra est pratiquement à la même altitude que Tafila, mais les 100 km séparant les 2 villes sont loin d'être plats. Nous mettons 2 jours pour rallier ce site extraordinaire, où Nawaf, guide de son état, nous attend. De Petra nous ne vous dirons rien. Il faut y aller avant que le temps ne dégrade ces merveilles dues aux Nabatéens. Rassurez-vous, ce n'est pas pour demain, et les fantastiques couleurs des grès resteront toujours.
Nous sommes toujours en plein Ramadan, et c'est dommage, car nous perdons beaucoup en échange avec le Jordaniens, dont l'immense majorité respecte le jeûne. Nous attendons sa ruptur du soir pour partager le thé avec eux. Certains en font chauffer uniquement pour nous dans la journée. Dès la fin de l'après-midi, nous sommes amusés par la frénésie, il n'y a pas d'autre mot, des hommes achetant le nécessaire pour le repas du soir et de la nuit. Plus que jamais, le code de la route est bafoué, surtout au niveau du stationnement, mais tout se passe dans la bonne humeur. D'ailleurs certains panneaux routiers posent questions.
La Jordanie est un pays de Bédouins, nombre d'irréductibles ne quittent pas leurs tentes, ce qui ne les empèche pas de posséder l'indispensable 4X4 et la non moins indispensable parabole pour la télé.
Les Jordaniens sont très chaleureux et toujours prêts à aider l'étranger. Nous en avons largement bénéficié. Suleiman nous confiera que dans son pays il n'y a pas de touristes, mais des hôtes. La nuance est de taille. Encore une leçon pour nous. Lorsque nous stoppons pour nous reposer, beaucoup arrêtent leur voiture et s'inquiètent de nos besoins. Jamais, même au Nigéria, nous n'avons entendu autant de "welcome".
Nous avons aimé en Jordanie :
- TOUT, à part les mouches.
Nous n'avons pas trop aimé :
- Comme toujours les chauffeurs de bus.
- L'entrée de Petra (55 euros pour 2 jours)
FIN DU VOYAGE.
Pays traversés : France, Allemagne, Autriche, Slovénie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Turquie, Chypre, Israël Jordanie.
Nous remercions tous ceux qui nous ont ouvert leur porte, amis anciens et nouveaux, ainsi que les adhérents des réseaux d'accueil : Cyclo-Accueil-Cyclo, de Cyclo-Camping Internationnal, Servas, Warmshowers et Hospitality-club, qui, par leur disponibilité, ont grandement contribué à notre bonheur de voyager.
Le jardin des oliviers